Comment éviter de rater beaucoup de photos avec une simple check-list

Le week-end dernier, alors que je faisais quelques tests avec un nouveau boitier, je me suis aperçu que mon réglage de correction d’exposition n’était pas à 0, alors que je pensais qu’il l’était. Résultat : les photos que je venais de prendre étaient toutes largement surexposées!

Heureusement, je n’avais pas pris beaucoup de photos au moment ou je m’en suis rendu compte, et surtout, rien de bien important. Mais qu’elle aurait était ma déception si ce mauvais réglage m’avait fait louper une photo exceptionnelle d’un évènement qui a peu de chances de se reproduire!

J’imagine que cette mésaventure est déjà arrivée à beaucoup d’entre vous, mais heureusement, il existe une solution assez simple pour éviter ce genre de déconvenue : faire une petite check-list de réglages par défaut.

Créer une check-list de réglages

L’idée est de faire une petite liste des différents réglages de votre appareil photo, et d’attribuer à chacun de ces réglages une valeur “par défaut”. Un peu comme une réinitialisation, mais avec des valeurs qui vous conviennent.

Il faut y faire figurer les réglages courants (ouverture, ISO, etc.) mais aussi les réglages un peu moins utilisés (compensation d’exposition, balance des blancs, etc.).

Voici pour exemple le début d’un liste que l’on pourrait créer :

  • ISO 200 : Pour avoir une image bien nette, mais un peu plus tolérant que 100 ISO si la luminosité est un peu basse.
  • Ouverture f/9 : Une ouverture “moyenne”, ou la profondeur de champ n’est pas trop réduite, et la luminosité reste correcte.
  • Mode de prise de vue Av : sans doute le mode le plus utilisé, en tout cas pour moi.
  • Balance des blanc sur auto : Le boitiers récents ne sont pas mauvais pour déduire la balance des blancs, laissons les faire leur job
  • Mesure de l’exposition sur Evaluative Metering : Plus passe partout qu’une mesure Spot
  • Auto-focus sur One shot
  • Auto-focus sur un seul point, celui du centre
  • Compensation d’exposition sur 0
  • etc.

Voila, je pense que vous avez saisis l’idée de la liste de réglages. Vous pouvez bien sur adapter vos réglages à votre style, votre boitier, vos habitudes, vos préférences, ou vos croyances, c’est à vous de voir. Le tout est de faire cette liste pour bien visualiser tous les réglages de votre boitier, et de définir vos réglages de base.

Vous serez peut-être amenés à créer plusieurs listes, par exemple une pour le studio, une pour l’extérieur, ou encore selon votre matériel (boitier + objectif), mais pensez à rester simple, surtout au début, le temps de bien assimiler le fonctionnement.

Bon, et maintenant qu’on a cette liste, on en fait quoi exactement ?

La routine a du bon, finalement

Vous allez vous créer une petite routine, un petit rituel, à faire avant ou après chaque séance photo. Et c’est là que vous allez utiliser votre petite check-list.

Je m’explique : Le soir, après une journée à prendre des photos, plutôt que de laisser votre appareil photo dans votre sac jusqu’à sa prochaine utilisation, vous allez le ressortir, vous munir de votre petite check-list, et changer les réglages les uns après les autres avec les valeurs que vous aurez définies précédemment.

Comme ça, la prochaine fois que vous aurez besoin de votre appareil, vous serez certain qu’il n’est pas réglé de façon complètement extravagante, et cela vous évitera d’essayer de prendre une photo de votre fille qui fait ses premiers pas avec un pose de 10 secondes tout ça parce que la veille au soir vous photographiez des feux d’artifice ;)

L’autre avantage, c’est que vous allez rapidement vous habituer à cette base de réglage, et du coup à tout moment, savoir quoi régler pour arriver au réglage voulu sans même avoir à réfléchir.

Cette technique est un peu fastidieuse au début, mais petit à petit, cela deviendra un reflex, et vous n’aurez même plus besoin de consulter votre liste, vous aurez tout dans la tête. Et pour ceux qui en ont moins (de tête), l’iPhone est votre ami! De magnifiques applications existent pour créer des listes, et au moins vous l’aurez toujours avec vous.

La routine : partout, tout le temps

Un autre conseil concernant ces réglages de base, c’est de les appliquer aussi pendant votre journée, si vous vous déplacez ou changez de sujet.

Par exemple si vous visitez une ville, vous faites quelques photos dans un musée ou un autre endroit assez sombre. Dès que vous sortez de ce lieu, pensez à réinitialiser les réglages de votre appareil. Si votre prochaine photo est en plein soleil, vous me remercierez!

Et si un évènement se produit, là, tout de suite, devant vous, vous savez sans même regarder les réglages que vous avez, si votre appareil est bien réglé pour ce shoot, et sinon, ce que vous devez changer, car vous avez assimilé vos réglages de base.

Routine étendue

Vous pouvez incorporer beaucoup d’autres points dans votre “routine d’après shoot”, qui eux aussi ont une grande importance, et vous éviterons biens des mésaventures :

  • Charger la batterie de votre appareil
  • Vider votre carte mémoire
  • Formater votre carte mémoire
  • nettoyer vos objectifs
  • replacer votre “objectif passe partout” sur votre boitier
  • prévoir des piles pour un flash
  • etc…

Ici aussi, à vous d’adapter votre routine à votre matériel, mais l’important, c’est de faire les mêmes gestes, tous les soirs, rigoureusement, après chaque séance, pour être prêt à tout moment à prendre réussir votre prochaine photo.

Comment améliorer la netteté de ses photos sans trépied

Comme vous le savez surement déjà, pour obtenir des photos vraiment nettes, et surtout dans un environnement qui manque un peu de lumière, votre meilleur allié sera un trépied.

Le fait de poser votre appareil photo, et de déclencher la photo sans toucher à votre appareil (retardateur ou déclencheur à distance), évitera le flou de bougé qui peut vite venir gâcher un cliché.

Pourtant, dans certaines situations, il vous arrivera surement de vouloir prendre une photo dans un endroit sombre, sans avoir de trépied.

C’est ce qu’il est arrivé à Alex Jansen, alors qu’il visitait le Vatican. Trepied interdit, faible luminosité, et du coup des clichés très difficile à réussir.

Cette aventure lui a donné l’idée d’écrire un guide. Actuellement engagé dans l’armée, il a eu l’idée de s’inspirer d’un manuel pour les tireurs d’élite afin de trouver les meilleurs positions pour prendre une photo en bougeant le moins possible.

Debout, à genoux, assis, toutes les positions sont détaillées, avec des photos à l’appui. Le guide est en anglais, mais assez accessible, et disponible sur les forum de Pentax : Making the Most of Long Exposure Handhelds

Pinterest pour les photographes : le guide complet

 

Pinterest est un nouveau réseau social qui semble très prometteur pour les photographes.

Le principe est assez simple : Pinterest vous permet de créer des tableaux virtuels (boards) sur lesquels vous pouvez “épingler” des articles ou liens vers des pages que vous avez trouvé intéressants (pins). Une fois ajoutés à votre tableau, ces liens se présentent sous la forme d’une image, avec un petit commentaire dessous (voir capture d’écran ci-dessous).

Vous pouvez créer plusieurs tableaux, qui peuvent regrouper des images selon un thème, une couleur, ou tout autre chose, un peu à la manière d’une galerie de photos.

Ces tableaux peuvent aussi être collaboratifs, et permettre à plusieurs utilisateurs de Pinterest de poster des articles sur un même tableau.

La force de Pinterest

La grande force de Pinterest, est sa viralité, et spécialement pour les photographes. Une fois que vous suivez quelques utilisateurs, vous verrez apparaître sur votre page d’accueil les articles et photos qu’ils postent. En un clic, vous pouvez à votre tour ajouter cette photo à l’un de vos tableaux, et ainsi le partager avec les personnes qui vous suivent.

Le design très réussi du site rend cette manipulation très instinctive, et la présentation sous forme de photo donne un meilleur aperçu du contenu en comparaison à d’autres sites très viraux comme Twitter par exemple, pour n’en citer qu’un.

Les utilisateurs de Pinterest ne sont pas encore très nombreux, mais les premières statistiques semblent très prometteuses : Darren Rowse (Digital Photography School) à ainsi vu le trafic généré par Pinterest passer de 0 à plus de 3000 visites /jours en quelques mois (article à lire ici).

Quand à Trey Ratcliff (StuckInCustoms.com), il déclare que 15% de ses 234,107 visiteurs mensuels proviennent de Pinterest! (article ici)

Ces chifres parlent d’eux mêmes, et si ils ne vous font pas vous inscrire immédiatement à Pinterest, ils auront au moins le mérite de vous pousser à y réfléchir!

Commencer en douceur

Une fois inscrit sur Pinterest (actuellement l’inscription sur Pinterest est sur invitation, n’hésitez pas à me demander une invitation en postant un commentaire à cet article) commencez par trouver quelques personnes à suivre. En parcourant leurs profils, vous vous familiariserez rapidement avec le fonctionnement de Pinterest, et pourrez rapidement partager vos premiers contenus. Si vous voulez visiter mon profil, utilisez simplement le bouton ci-dessous :

Follow Me on Pinterest

Créer vos premiers boards

Une fois familiarisés avec la navigation, vous pourrez commencer à créer vos premiers boards.

A cette étape, il va falloir que vous réfléchissiez un peu au contenu que vous voulez partager, et à son organisation.

Quelques exemples de boards si vous êtes en manque d’inspiration :

  • Les photos que j’ai prises
  • Mes photos préférées
  • Thèmes (photos de rue, nature, animaux, etc.)
  • Couleurs (photos regroupées par couleurs dominantes)
  • Les endroits que j’aimerai photographier
  • Mes inspirations
  • Pour encore plus d’inspiration : 42 awesome and creative Pinterest boards (en anglais, mais quelques exemples intéressants)

Application iPhone Pinterest

Pinterest propose une application iPhone/iPad sur l’appstore. Elle vous permettra de découvrir et poster de nouveaux contenus ou que vous soyez.

Bookmarklet et Extension Google Chrome

Pour poster du contenu sur Pinterest en un clic lorsque vous surfez sur le web, un bookmarklet est disponible ici : http://pinterest.com/about/goodies/

Pour les utilisateurs de Chrome, l’extension Instant Pin vous permet de partager une image ou une video sur Pinterest en un clic droit : Instant Pin sur le Chrome Webstore.

Pour aller plus loin avec Pinterest

Une fois Pinterest apprivoisé, vous aurez surement envie d’en faire un peu plus pour vous faire connaitre sur ce réseau, ou y développer votre activité de photographe.

Voici quelques idées en vrac pour développer votre business sur Pinterest, et augmenter votre visibilité :

Utilisez le Watermark

Sur Pinterest, les photos sont partagées par de très nombreux utilisateurs. Il est donc très difficile de retrouver l’origine de la photo.

En ajoutant un texte en filigrane sur vos photos, les personnes qui voient vos photos sauront plus facilement que vous en êtes l’auteur.

Faites figurer l’adresse de votre site internet sur le watermark, pour augmenter vos chances d’avoir de nouvelles visites sur votre site internet.

Et surtout, pas de watermark en plein milieu de la photo, il faut qu’il reste discret et ne gâche pas la lecture de votre image. Un watermark n’est absolument pas destiné à empêcher le vol de votre oeuvre.

Et si vous avez peur de vous faire “voler” votre oeuvre, le mieux et d’arrêter toute activité sur internet… Bon courage…

Postez régulièrement

Pour fidéliser un lectorat sur Pinterest, postez du contenu régulièrement. Un thème ou un projet à moyen ou long thème vous y aidera. Par exemple, une photo par jour, ou un album par saison régulièrement mis a jour, ou encore un thème par jour : lundi = portrait, mardi = paysage, mercredi = animal, etc.

Vendez vos services directement sur Pinterest

Pinterest vous permet d’ajouter le prix d’un article que vous partagez.

Pour cela, il vous suffit de mettre le prix de votre article dans la description de l’image que vous postez, précédé de $ ou £ (l’euro n’est pas encore reconnu…)

Les utilisateurs de Pinterest pourront ainsi créer des wishlist avec vos articles, et donner des idées de cadeaux à d’autres personnes.

Organisez des concours

Les gens raffolent des concours! Organisez-en!

C’est beaucoup plus facile que vous ne pensez, et en tant que photographe, vous avez des tas de choses intéressantes à offrir comme lots : offrez un tirage d’une photo, offrez une séance photo, offrez un tableau, un t-shirt,…

Pour ce qui est du concours en lui même, laissez libre cours à votre imagination! Vous pouvez offrir un cadeau à l’un de vos contacts tiré au sort, à une personne au hasard parmi les commentaires d’un article, organiser un concours de modèles, et j’en passe.

Des offres exclusives

Proposez des offres exclusives à vos contacts Pinterest. Des réductions, des cadeaux, ou encore du contenu gratuit.

Si vos contacts se sentent privilégiés, ils continueront à vous suivre, et surtout parlerons de vous autour d’eux, et deviendrons vos meilleurs ambassadeurs.

Follow Button

Utilisez le bouton “Follow me on Pinterest” dès que vous le pouvez : sur votre blog, votre site internet, dans la signature de vos emails, etc.

Follow Me on Pinterest

Les personnes qui cliquent dessus arrivent directement sur votre profil Pinterest.

Le code pour ce bouton est disponible dans la rubrique Goodies de Pinterest.

Vous avez un blog ?

Si vous avez un blog, ajoutez un bouton “Pin It” sur vos posts. Ces boutons permettent à vos visiteurs de partager vos articles sur Pinterest en un clic.

Pour WordPress, l’extension “Pinterest Pin It Button” fonctionne très bien.

Vous pourrez aussi trouver des widgets qui permettent d’afficher vos boards Pinterest dans la barre latérale de votre blog.

Voilà pour les principales astuces, si vous en avez d’autres, n’hésitez pas à les partager dans les commentaires.

 

Séance photo avec Emmanuelle CHOUSSY-GAILING

Julie_fils-(6)Le week-end dernier j’ai eu la chance d’assister à une séance photo en studio avec la photographe Emmanuelle Choussy-Gailing.

La séance s’est très bien passée, et a été très instructive pour moi ainsi que quelques autres photographes amateurs qui étions venus en simples spectateurs. D’ailleurs, en passant, je vous conseille de ne pas hésiter si vous avez l’opportunité d’assister à une séance organisée par un autre photographe. On y apprends beaucoup de choses, et ces séances sont aussi l’occasion de faire des rencontres très interessantes.

Je ne vais pas vous raconter ici tout le déroulement de la séance, mais simplement vous mettre dans le contexte, puis vous retranscrire l’entretien que j’ai eu avec Emmanuelle après ce shooting, qui a eu la gentillesse de répondre à mes quelques questions alors qu’elle était déjà très occupée entre son vol retour vers Los Angeles, ses retouches photos, et d’autres petits imprévus…

Toutes les photos qui illustrent cet article sont d’ailleurs issues de ce shoot.

La séance

La séance se déroulait donc dans un studio photo à Balma, près de Toulouse. Emmanuelle travaillait pour un jeune styliste (Thomas Gaussens), pour lequel elle devait réaliser quelques clichés.

Pour mettre en valeur les créations de son client, Emmanuelle était entourée de deux modèles : Tiphaine Elizab et Julie Désesquelles.

Un assistant (Nicolas Marquisseau) , une coiffeuse (Beatrice Fau), et une maquilleuse (Laura Melac) constituaient le reste de cette équipe de choc.

Quand vous assistez à une séance photo comme celle-ci, tout parait facile. Vous êtes debout sur le côté de la scène, en train de boire un petit café, pendant que devant vos yeux tout a l’air de s’enchainer facilement, les scènes changent, on prends quelques clichés, on rechange tout, juste le temps de reprendre un petit gateau, et c’est reparti…

Pourtant côté coulisse, c’est un peu plus sportif que ça!

A chaque changement de scène, les décors sont modifiés, et les éclairages retravaillés. La complicité entre le photographe et l’assistant est ici très importante, et permet de gagner beaucoup de temps, tous deux travaillant dans le même sens. Une fois la scène en place, quelques shoots de test pour vérifier les éclairages et les cadrages, et ça repart.

Pendant ce temps là, les modèles partent au vestiaire, et changent de tenues. Une fois terminé, on passe à la retouche maquillage, puis coiffure… Et quand je dis retouche, je pèse mes mots! Moins de 3 minutes pour passer d’une coupe cheveux attachés à une coupe cheveux au vent, chapeau Béatrice!

Je vous passe les détails des accessoires, des bijoux, des imprévus, etc…

En bref, ce qu’on découvre en premier lieu, c’est qu’une séance en studio, ça se prépare, et ça se dirige. Organisation, énergie, bon contact humain, mais aussi assurance et leadership sont certainement des atouts pour ce genre d’exercice.

Ce qu’on découvre en deuxième lieu, c’est qu’il y a souvent un monde entre ce qu’on avait prévu, et ce que l’on va finalement faire, alors restez flexible, soyez inventif, et surtout, AMUSEZ-VOUS!!

Une dernière chose enfin, c’est que malgré ce qu’on voit au premier abord, tout n’est pas si rose pendant une séance. Il y a souvent un cahier des charges imposé par le client, qui peut être un peu frustrant, et brider la créativité du photographe. De plus, le client est souvent sur place, derrière l’épaule du photographe, pour vérifier le travail effectué, ce qui rajoute encore à la pression ressentie et à la peur de mal faire.

Duo

 

L’entretien

Voici donc l’entretien que j’ai eu avec Emmanuelle après la séance photo, avec des questions qui visent à mieux appréhender le métier de photographe de mode, et les débuts qui vous attendent si vous voulez sauter le pas.

Nicolas CROCE : POURRAIS-TU ME PARLER UN PEU DE TON PARCOURS DANS LA PHOTO, COMMENT EN ES-TU ARRIVEE LA, DEPUIS QUAND PRATIQUES-TU LA PHOTO, ETC

Emmanuelle Choussy : Eh bien je n’étais pas partie pour en faire un métier en réalité. A 8 ans je piquais le boitier Canon argentique de mon père, je m’amusais avec ses objectifs. Mon père était un passionné du son et de l’image, et c’est certainement lui qui m’a filé le virus photo. Mais ma passion première a toujours été l’écriture, alors j’ai passé une Maitrise de Lettres Modernes, puis un Master 2 en communication qui m’a ouverte à l’audiovisuel. J’ai commencé réellement la photo en tant que modèle en 2001, puis frustrée par le manque d’imagination de certains photographes pour la mise en scène, je suis passée de l’autre côté en 2004, très modestement avec un boitier bridge Sony F828. Après 4 ans de tests en tous genres sur mon entourage, j’ai décidé de montrer mon travail et de le soumettre à la critique. Ce fut TRES dur ! Mais j’ai commencé à vraiment progresser à partir de là. C’est allé plutôt vite puisqu’en 2008 je me lançais comme photographe pro, après avoir quitté mon poste d’Attaché dans la fonction publique.

NC : POUR L’AVENIR, J’AI CRU COMPRENDRE QUE TU ALLAIS T’EXILER AUX ETATS-UNIS, QUELS SONT TES PROJETS ?

EC : Je vis aux USA depuis Août 2011 car j’ai suivi mon mari. Après 3 mois sur place et grâce à des rencontres aléatoires avec des français, je travaillais déjà pour 3 fashion designers. C’est un pays où les gens parlent et bougent dans la foulée (contrairement à la France où tout le monde aime se faire mousser, souvent sans rien entreprendre de concret derrière).

Fin janvier je travaille pour deux autres stylistes. Les choses sont en route pour moi, doucement mais sûrement.

RefletDuoNC : COMMENT AS TU COMMENCE A FAIRE DE LA PHOTO AVEC MODELES, QUELLES ONT ETE TES PREMIERES EXPERIENCES ?

EC : J’ai commencé en photographiant mes proches en 2003-2004 : amis, famille. J’aimais les mettre en scène, trouver des lieux originaux et des poses qu’on n’a pas l’habitude de voir. Je voulais créer des images « dynamiques » mais pas ridicules, en tenant compte du décor. Plus tard les modèles sont venus vers moi, les hommes d’abord (pendant 2 ans au moins), puis les femmes.

NC : MAINTENANT QUE TU CONNAIS LE METIER, DE QUELLE MANIERE CONSEILLERAIS-TU A UN NOVICE DE SE LANCER ?

EC : En France les gens qui se lancent dans la photo semblent grandement manquer de modestie. Beaucoup de personnes s’autoproclament « photographes » car ils ont investi au départ en  dépensant des sommes folles dans du matériel. Les artistes les vrais, ceux qui ont une « patte » dès le départ, ou un projet cohérent, sont rares.  Il ne faut jamais lâcher un emploi salarié tant qu’on n’a pas de revenus réguliers avec la photo. Cela m’a pris 5 ans, 5 ans de travail, d’innombrables séances et d’heures de retouche, et surtout 5 ans d’humilité. J’ai appris les bases de la photo seule, avec le mauvais vocabulaire, et en posant pour des gens que j’admirais j’ai eu la chance d’apprendre un peu mieux la technique. Maintenant après 3 mois de pratique, les jeunes (et moins jeunes), s’installent comme professionnels, ne sachant pas répondre à la moitié des demandes techniques de leurs clients. Ca me fait sourire !

NC : POINT DE VUE MATERIEL, QU’EST-CE QUI TE SEMBLE INDISPENSABLE POUR REUSSIR UNE SEANCE ?

EC : Tout dépend de son objectif :Extérieur ou studio ? Projet personnel ou commande de client ? Combien de modèles ? Effets visuels recherchés ? Dur de répondre à cette question sans cahier des charges

NC : COTE MODELES, COMMENT LES TROUVES-TU ? ET COMMENT SONT-ELLES REMUNEREES ? T’ARRIVES-TU DE FAIRE DES SEANCES « POSE GRATUITE CONTRE PHOTOS GRATUITES »?

EC : Je n’ai jamais eu à payer un seul modèle. Depuis 2004 mes books personnels ont vraiment changé, mon travail a évolué, les gens qui me suivent depuis le début me le disent. Moi-même je n’aurais jamais cru en 2007 quand j’ai intégré la fonction publique comme responsable de la communication, que la photo s’imposerait à peine un an plus tard dans ma vie.

Aujourd’hui je réalise très peu de séances personnelles. Une séance me demande entre 20 et 30H de retouche numérique derrière.  Je garde ce précieux temps pour mes clients !

NC : MEME QUESTION POUR LA MAQUILLEUSE ET LA COIFFEUSE

EC : Les professionnels dont on a besoin sur une véritable séance photo (personnelle ou pour un client), se trouvent grâce au réseau que l’on se forge dès le départ. Maquilleuse, coiffeuse, styliste, assistant photo, et même spécialiste en relooking et psychologue (dans le cadre de mes séances de « photo-thérapie », voir ici : www.eg31.com/words/therapie), se « dénichent » après plusieurs rencontres, divers « tests » en conditions réelles. Cela prend également du temps, car je suis extrêmement exigeante et ne veut/peut travailler qu’avec des gens aussi exigeants que moi.

NC : DERNIERE QUESTION, QUELS SONT LES CONSEILS ESSENTIELS, OU LES PETITES «ASTUCES DE PRO» QUE TU DONNERAIS A DES PHOTOGRAPHES POUR BIEN REUSSIR UNE SEANCE EN STUDIO ?

EC : Deux grands conseils !

Premièrement rester HUMBLE avant de se proclamer photographe. Prendre le temps de maîtriser la technique, et son appareil. Chercher des idées et cesser de piquer celles des autres. Oser comparer son travail avec celui des photographes que l’on admire, et tant que ça vous parait en dessous ou insuffisant, travailler, travailler et TRAVAILLER encore ! Ne pas hésiter à faire des stages auprès des pros, c’est très instructif.

Le second : ne jamais lâcher un emploi salarié trop tôt. J’ai mené de front emploi salarié et photo durant 3 longues années avant de faire mon choix. Il fallait bien le réfléchir car j’ai fondé une famille et ce choix n’engageait pas que moi.