Bonjour à tous et bienvenue dans ce dix-huitième épisode de #QuestionPhoto ! Au programme d’aujourd’hui :

  • Marie prépare un voyage en Finlande. Elle se demande quel objectif emporter avec elle.
  • Pierre a acheté mon livre Apprendre Lightroom. Il se demande quelle version de Lightroom acheter et hésite entre la version 6 et la version CC avec abonnement.
  • Céline habite dans le Finistère et voudrait savoir quel mode choisir pour photographier une tempête.
  • La passion d’Anthony est de photographier les compétitions d’aviron. Il se demande s’il doit vendre ou donner ses photos.
  • Enfin, Bertrand à un Panasonic GX7 (un hybride au format micro 4/3). Il se demande quel est le meilleur objectif à focale fixe pour son appareil.

Avant de répondre à tous ces lecteurs, je vous rappelle que vous aussi vous pouvez me poser toutes les questions qui vous passent par la tête. Pour cela, vous pouvez soit passer par Twitter en utilisant le hashtag #QuestionPhoto, soit m’envoyer un message sur ma page Facebook. Vous trouverez toutes les infos ainsi que les archives des anciens épisodes sur la page dédiée à #QuestionPhoto. Pensez également à vous abonner à la newsletter pour ne pas rater la réponse à votre question !

C’est parti pour les questions :

Marie : Bonjour, je pars en Finlande en mars voir les aurores boréales et voir les rennes et chiens de traineau. Que me conseillez vous comme objectif qui puisse faire tout en un ? J’ai actuellement un Canon avec un objectif Tamron 18-270 f3.5-6.3 ai je besoin d’un polarisateur ? Et comment proteger l’appareil si besoin ? Merci de votre réponse et de vos conseils

Pour ton objectif, il me semble déjà assez polyvalent. De 18 à 270mm, il couvre une belle plage focale. Ce qui risque de te gêner en Finlande c’est la faible quantité de lumière et ton objectif n’est pas très lumineux. Essaye d’emporter avec toi un trépied et pourquoi pas un objectif à focale fixe mais avec une grande ouverture. Il sera ainsi très lumineux. Un 50mm par exemple. Le 50mm Canon f/1.4 est très bien et reste abordable. Si c’est trop cher, tu as également le f/1.8 qui est très bien également.

Pour le filtre polarisé, il n’est pas obligatoire. Ce filtre te permet de réduire certains reflets sur les photos et souvent d’augmenter la saturation des couleurs, notamment celle du ciel. A toi de voir. Si tu as le budget c’est un plus. Mais a acheter quelque chose je commencerai par un trépied et/ou un 50mm à grande ouverture.

Enfin, pour protéger ton appareil, Peak Design a sorti récemment un très bon produit : le Shell Camera Cover. C’est une petite housse qui s’adapte à tous les appareils photo et qui les protège de la neige, de la pluie et de la poussière.

Pierre : Pour faire suite a ton livre sur Lightroom, que conseilles tu pour se doter du logiciel : l’acheter ou payer un abonnement ? Merci d’avance.

Personnellement, j’utilise la version avec abonnement de Lightroom pour deux raisons :

  • L’abonnement te permet d’utiliser Photoshop en plus de Lightroom.
  • La version avec abonnement de Lightroom à droit aux nouvelles fonctionnalités et mises à jours alors que la version sans abonnement n’y a souvent pas droit.

Concernant le second point, je m’explique : en ce moment on est à la version 6 de Lightroom. Depuis la sortie de cette version, de nouvelles fonctionnalités sont apparues : la correction du voile atmosphérique, la création de panoramas, etc. Ces nouvelles fonctionnalités ne sont dispo que dans la version de Lightroom CC, c’est à dire celle avec abonnement. Pour ceux qui ont acheté la version 6 classique, ils devront attendre d’acheter la version 7 pour en profiter.

La version avec abonnement revient sans doute plus cher que la version boite classique. Surtout si tu n’utilises pas Photoshop.

J’espère que ça t’aidera à faire un choix !

Céline : Bonjour Nicolas, j’habite le nord Finistère et une grosse tempête arrive. Quel mode est le plus adapté pour photographier la mer très agitée?

Il y a tellement de façons de photographier la mer agitée qu’il est très difficile de répondre à cette question. Pour photographier une tempête, il n’y a pas un mode mieux adapté qu’un autre. Le mode choisi dépendra plutôt de la photo que tu veux prendre. Il y a même de grandes chances que tu changes plusieurs fois de mode au cours de ta séance, pour mieux t’adapter à la photo que tu vas prendre.

Plus que de t’inquiéter du mode que tu dois choisir, ce qui est important c’est de prendre le temps de réfléchir un peu avant de prendre ta photo. Si tu te poses les bonnes questions, le mode que tu devras utiliser va être simple à déterminer.

Avant de prendre une photo, ton cheminement doit ressembler à ça :

  • Qu’est ce que je veux prendre en photo ? Une réponse comme « la tempête » est beaucoup trop vague (c’est le cas de le dire). Il va te falloir être beaucoup plus précise. Une meilleure réponse pourrait-être : « la puissance des vagues qui s’écrasent contre la digue », ou encore « un goéland qui joue dans le vent au dessus de la mer agitée ». Plus tu seras précise sur le sujet de ta photo, plus il te sera facile de faire ensuite tes choix de réglage.
  • Qu’est ce qui est le plus important : le mouvement ou la profondeur de champ ? La photographie est souvent une question de compromis. Lorsque tu règles ton appareil (Ouverture, vitesse d’obturation, et sensibilité ISO), tu sais que tu vas toujours devoir faire des compromis : figer le mouvement ou au contraire retranscrire le mouvement par du flou, choisir une grande profondeur de champ ou au contraire une petite profondeur de champ. Avant de faire ces compromis, il faut que tu saches exactement ce qui est le plus important pour ton image. Si tu veux photographier une vague qui éclate et monte à des dizaines de mètres au dessus d’une digue par exemple, le plus important va être la vitesse. Tu vas certainement vouloir figer le mouvement de cette vague et donc choisir une vitesse d’obturation rapide pour éviter que l’eau en mouvement ne soit floue.
  • Quel mode choisir ? Une fois que tu sais quel est ton sujet principal et que tu as déterminé quel élément entre la vitesse et la profondeur de champ est le plus important, c’est maintenant l’heure de faire tes réglages. Si le plus important pour toi est la vitesse (que tu choisisses une vitesse d’obturation rapide ou lente) passe alors en mode S (ou Tv). Si le plus important est la profondeur de champ (une petite profondeur de champ pour isoler ton sujet de l’arrière plan, ou au contraire une grande profondeur de champ pour que tous les plans de ta photo soient parfaitement nets) passe alors en mode A (ou Av).
  • Quels réglages choisir ? Maintenant que tu as réglé ton appareil sur le mode le plus adapté à la photo que tu veux prendre, il est temps de passer aux réglages. Commence par régler ton réglage prédominant : vitesse d’obturation en mode S ou ouverture en mode A. En gros, si tu veux figer un mouvement, règle ton appareil avec une vitesse d’obturation rapide (1/125ème des seconde minimum). Si au contraire du veux retranscrire le mouvement avec du flou, diminue cette vitesse (1/10ème de seconde par exemple, et pense à utiliser un trépied). Si tu veux isoler ton sujet de l’arrière plan, utilise une grande ouverture (f/4 et en dessous), si au contraire tu veux une grande profondeur de champ, diminue ton ouverture (f/16 et au dessus).
  • Le temps des compromis : Maintenant que tu as choisis ton réglage prédominant, il va falloir régler les autres paramètres et certainement faire des compromis. Par exemple si tu voulais une grande profondeur de champ, tu as réglé une petite ouverture (f/16 ou plus). Il y a donc très peu de lumière qui entre dans ton objectif (relire cet article si besoin : Comprendre l’exposition en photographie [Et accessoirement maitriser son bronzage]). En mode priorité ouverture, ton appareil va automatiquement déterminer la bonne vitesse d’obturation pour que ta photo soit bien exposée. Mais comme tu as très peu de lumière qui entre dans ton objectif à cause de la petite ouverture choisie, la vitesse d’obturation va certainement être lente. Il faudra peut-être augmenter les ISO pour compenser cela et il faudra également prendre en compte que du fait de cette vitesse plus lente, tu risques d’avoir du flou si certains éléments sur ta photo sont en mouvement.

Voilà, j’espère que mes explications sont assez claires, ce n’est pas toujours facile à expliquer sans être à côté de toi au moment ou tu prends ta photo. Plus que le choix du mode, ce qui est important c’est ce cheminement et cette réflexion. Qu’est ce que je veux photographier ? Comment je veux le photographier ? Et quels compromis je suis prêt à accepter ? En fonction des réponses à ces trois questions, tu sauras quel mode et quels réglages choisir. Ça demande un peu de pratique et d’entrainement, mais c’est le seul moyen d’y arriver.

Tu feras certainement des erreurs, mais prends le temps une fois devant ton ordinateur de comprendre pourquoi tu as fait ces erreurs. C’est en analysant ses erreurs qu’on apprend le plus !

Anthony : Bonjour, je suis photographe amateur, principalement dans le milieu sportif et de l’aviron. J’ai couvert plusieurs championnats du monde de ce sport en tant que photographe officiel et je m’apprête à un publier un livre en tant que co-auteur. J’aimerais passer semi-professionel car j’y passe beaucoup de temps, d’argent, que c’est que passion et que mon travail commence à plaire. J’ai couvert le dernier championnat du monde d’aviron pour un média local, gratuitement, car ils n’étaient pas demandeurs et m’ont aidé en m’accréditant officiellement. Mais depuis, j’ai reçu plusieurs demande d’utilisation de mes photos à des fins commerciales et j’hésite toujours entre les donner pour me faire connaitre et mieux me lancer ensuite, ou les faire payer. Mais je n’ai aucune idée des tarifs unitaires que l’on peu demander pour des photos. Le magazine papier le plus connu dans le milieu de l’aviron voulait mes photos gratuitement, car ils avaient déjà leur propre photographe sur place. J’ai accepté car leur notoriété pourrait m’aider à me montrer. Et ces jours, se sont deux membres de l’équipe de France olympique qui m’ont contactés séparément pour que je leur envoie respectivement une photo pour en faire des cartes postales et poster promotionnels. J’ai hésité puis ma réponse à été la même. Ok, mais à la condition d’indiquer ma page Facebook et de m’envoyer des échantillons que je pourrais ensuite présenter à des médias. Mon dilemme est toujours le même, à chaque fois je me dis “dernière fois que je les donne, la prochaine je fais payer” et ça continue.

1)Que pensez-vous de ce débat: besoin de notoriété/respect de sa propre activité et demande du juste prix ?

2) Quels prix pourrais-je demander pour être publié dans des magazines ou sur des cartes postales ?

Si photographier de l’aviron est une passion, tu peux très bien continuer à faire des photos et les donner gratuitement. Mais dans ce cas là 1/ tu les fourniras toujours gratuitement, et 2/ tu ne peux pas te plaindre que ça te revienne cher. Une passion reviens toujours un peu cher, mais c’est avant tout un plaisir.

Si par contre tu envisages un jour de vivre de la vente de tes photos, que ce soit à plein temps ou à temps partiel, dans ce cas arrête tout de suite de donner tes photos ! Et d’après ton message, j’ai l’impression que tu te trouves plutôt dans ce second cas.

Tout d’abord, ce n’est pas en donnant tes photos que tu vas accroitre ta renommée. Ce qui fait ta renommée, c’est la qualité de tes photos. Rien d’autre. Si tes photos sont de bonne qualité, les gens tomberont dessus. Si tu as de plus en plus de demandes, c’est simplement que la qualité de tes photos s’améliore avec l’expérience. Ce n’est certainement pas parce que tu en donnes de plus en plus ! Et si ça te fais de la publicité qu’on cite ta page Facebook, rien ne t’empêche de le demander même si tu fais payer tes photos.

J’irais même plus loin en parlant du rapport renommée / gratuité : pour moi un produit gratuit est synonyme de mauvaise qualité. Si en faisant une commande sur La Redoute on t’offre en cadeau un smartphone, tu sais très bien qu’il ne sera pas de la même qualité que le dernier iPhone que tu achèterais au plein tarif. Proposer tes photos gratuitement peut donc avoir un mauvais effet sur ta renommée et non pas un effet positif comme tu le sous entends.

En plus, proposer gratuitement tes photos à tes futurs clients est une mauvaise idée car tu les habitues à avoir un service gratuit. Plus ils seront habitués à cette gratuité, plus il te sera ensuite difficile de leur faire comprendre qu’il faut payer pour le même service. Gratuit une fois peut être considéré comme un essai gratuit. Gratuit pendant des années devient un dû. Une obligation.

Tu trouveras peut-être que je suis un peu dur dans mes propos, mais ce n’est pas pour être méchant, bien au contraire. Si je suis dur, c’est simplement dans le but de te faire réagir. Repousser l’échéance et toujours attendre la prochaine fois pour facturer tes services est simplement une excuse. Une excuse car actuellement tu as peur. Peur de te lancer. Peur qu’on te dise non. Peur que ton travail ne soit pas aussi bon que ce que tu penses. Ou peut-être peur que ça marche et que tu doives prendre une décision et peut-être changer de vie.

Quelle que soit ta peur, tu dois la vaincre. Et pour cela tu n’as qu’une seule solution : te lancer. Au pire ça ne marchera pas et tu te retrouveras au même stade qu’actuellement.

Dans quelques années, même si tu échoues, tu ne regretteras pas d’avoir essayé. Par contre, si tu ne fais rien, je peux t’assurer que tu le regretteras !

Concernant le prix auquel vendre tes photos, je n’en ai aucune idée. Le prix dépend de ce que tu apportes au client. Prend l’exemple d’une bouteille d’eau. Tu es chez toi, tu as l’eau courante au robinet et j’essaye de te vendre une bouteille d’eau à 1 000 euros. Ça m’étonnerai que tu acceptes de me l’acheter. Ma proposition va même te faire rire. Tu vas surement me prendre pour un fou. Maintenant je te fais la même proposition, mais tu es seul, en plein milieu du Sahara, sans eau, et tu sais qu’il ne te reste que quelques heures à vivre si tu ne bois pas. Elle te fais toujours autant rigoler ma proposition ?

Si il y a peu de photographes dans le milieu de l’aviron et que tes photos sont excellentes, tu peux les vendre beaucoup plus chères que si tes photos sont moyennes et qu’il y a des dizaines de photographes en compétition avec toi. Si tu ne peux pas vendre chères tes photos, il te sera difficile d’en vivre. Dans ce cas, deux solutions : améliore tes photos ou change de clients.

Bertrand : Quel est le meilleur objectif (focale fixe) pour le GX7?

Bonjour Bertrand, j’ai utilisé pendant un bon moment un Panasonic GX7 et j’ai adoré cet appareil. Aujourd’hui je suis toujours avec un appareil au format micro 4/3, mais je suis passé chez Olympus : j’ai le OM-D E-M5 mkII.

Au niveau des focales fixes, j’en utilise principalement deux :

Je ne sais pas si ce sont les meilleurs objectifs, mais ce sont ceux que j’utilise et ceux qui me conviennent le mieux. Avant de te jeter sur ces objectifs, prend quelques minutes pour réfléchir à ce dont toi tu as besoin. Si tu fais de la macro ou de la photo animalière, ces objectifs ne seront certainement pas adaptés à ta pratique. Plus que les meilleurs objectifs, ce que tu devrais chercher c’est surtout les objectifs les mieux adaptés à ta pratique.

Si ça t’intéresse, j’ai une liste complète du matériel que j’utilise sur mon site. Tu peux la consulter en cliquant sur ce lien : https://photo.nicolascroce.com/materiel/. J’essaye de la mettre régulièrement à jour.

Voilà qui clôture l’épisode d’aujourd’hui. J’attends vos questions pour le prochain épisode, et pour ne pas le rater, pensez à vous abonner à la newsletter.

D’ici là, prenez plein de photos et surtout : faites vous plaisir !